Perception et réalité: je vois donc c’est vrai!

« On aurait dit [Hubert Cantagrel] fatigué d’être réveillé et il entretenait une prédisposition tenace à trouver du mauvais partout et en toute chose. Un état d’esprit qui remontait à ce qu’il considérait comme sa première erreur judiciaire, commise à l’âge tendre de sept ans. Ce pénible événement était arrivé le jour où son père, de retour d’un voyage à Rodez, avait exhibé son nez besiclé (sic). « À quoi ça sert donc? » lui avait-il demandé. Son père avait alors assuré qu’il s’agissait d’ustensiles servant à mieux voir et à mieux lire. Plus tard avisant les besicles sur le bureau, Hubert les avait chaussées sur son nez et avait été très choqué de ne voir au travers que du flou. Ainsi son père lui avait menti!

Au lieu de s’en expliquer, il avait alors suspecté tout ce que son père disait ou faisait, jusqu’au jour où il avait découvert sa naïve erreur, alors ce furent ces propres pensées et raisonnements qu’il mit en doute systématiquement. »

* * * *

Ce petit passage décrivant Hubert Cantagrel, juge-prévôt du roi Louis XVI, est extrait du roman « En avant comme avant » de Michel Folco.

L’action se déroule en 1781. Ce qui m’a frappé dans la description de ce juge taciturne et soucieux de justice, c’est la source de cet éternel doute qui l’aura habitée toute sa vie : une perception.

Tiens! Pourquoi ne partagerais-je pas ma petite réflexion avec mes amis?

L’univers complexe de la perception

Tous les jours nous percevons et surtout interprétons notre perception. Naturellement. Humainement.  J’ai déjà abordé ce thème, il y a quelques temps déjà, en imageant comment même une affirmation qui se veut positive peut être interprétée négativement.

Dans le texte de Michel Folco, la perception du jeune Cantagrel est réelle, vraie, incontestable : en essayant les lunettes de lecture de son père, il voit flou. Qui peut prétendre que sa perception est fausse? Le problème n’est donc pas dans la perception de cette réalité (qui est indéniable) mais dans l’interprétation que l’enfant en fait : son père lui a dit que les lunettes servaient à mieux voir, il les essaie et voit flou… donc son père est un menteur. Logique enfantine simple où nous n’avons même pas l’excuse d’un sophisme. Les réalités du père et de l’enfant sont différentes.

Constat no. 1 : en vente, si vous assumez que la réalité de votre client est celle que vous percevez, vous risquez fort de vous tromper.

Mais les leçons de ce petit extrait ne s’arrêtent pas là.

Assumer ses erreurs, c’est s’enrichir

Voilà donc que l’enfant grandit et réalise un jour l’énorme méprise qu’il a commise et surtout l’énorme injustice qu’elle en a résultée : toute son enfance, il a douté de la parole de son père. Conséquence triste, avouons-le, mais dont les véritables dégâts ce sont répercutés pendant toute une vie. Tout d’abord dans son approche de la vie : « … il entretenait une prédisposition tenace à trouver du mauvais partout et en toute chose »;  et puis dans sa propre estime de soi : « … alors ce furent ces propres pensées et raisonnements qu’il mit en doute systématiquement. » Et ça! Ça c’est dramatique! Parce que ç’aurait pu être évité.

Constat no.2 : en vente si vous faites une erreur, comprenez là, assumez là et regardez en avant… comme avant! ;-)

Ne soyons donc pas des Cantagrel…

Que nous soyons au service à la clientèle, conseillers, vendeurs, directeurs, réceptionnistes, s’arrêter à une impression sans valider notre perception, c’est assumer que la colombe est réellement disparue des mains du magicien. Cette volonté de bien comprendre la réalité de nos clients incombe à toutes les sphères d’une entreprise qui a le souci premier de répondre aux besoins réels de ses clients.

À tous les jours, nous devons faire face au défi d’aller au-delà de nos perceptions sans se limiter à une interprétation et s’assurer que nous ne sommes pas victimes d’une illusion. La compréhension de la réalité de nos clients est une question d’écoute et d’ouverture d’esprit.

Quand je pense que l’exemple dont je me suis inspiré pour ce petit billet est un passage relatant une réalité de la fin du XVIIIème siècle, à l’aube de la Révolution Française, pas surprenant que tous ces réflexes « humains » soient enracinés si profondément en chacun de nous… qu’en pensez-vous?

À bientôt!

Benoît

Publié dans ATTITUDE, Le monde de la Vente, mes lectures | Marqué avec , , | 6 commentaires

Hocus Pocus, restons Focus!

Près de cinq mois sans vous écrire quoi que ce soit sauf, quand même, pour prendre le temps de répondre à vos interventions sur mes différents billets. Laissez-moi prendre seulement quelques lignes pour vous racontez mon automne quelque peu mouvementé.

Au début d’octobre dernier, je commence à écrire mon petit billet. Le sujet : rester focus.  Comme la plupart de tous mes billets, je commence par jeter quelques idées sur l’écran afin de tracer les grandes lignes du propos avec l’intention d’y revenir pour compléter le billet la semaine suivante. Je dois participer à un important congrès dans les jours suivants.

Puis, les évènements se bousculent. Une rumeur persistante circule à travers les stands (et particulièrement  au nôtre) : il paraîtrait que la division d’affaire pour laquelle je travaille serait achetée par un possible compétiteur. Les paris sont ouverts.  Mais des rumeurs ne sont que des rumeurs. Qu’elles soient fondées ou non, que puis-je y faire?

Et je suis en congrès, j’ai des clients à rencontrer, des relations d’affaires à découvrir…

La semaine suivante des indices plus sérieux surgissent. Des confirmations officieuses, des comportements qui trahissent. Mais que puis-je y faire?

Mais je suis en négociation finale dans trois dossiers importants. De gros projets sont attendus et nos spécialistes sont prêts à relever les défis à venir. Il faut rester concentré.

À peine quelques jours plus tard, l’ensemble des employés est convoqué à un important meeting pour une annonce importante de la part du président. 1 + 1 = 2. Les dés sont jetés. « C’est ce matin que ça se passe ». Ce genre de transactions n’est pas exceptionnel, particulièrement dans le monde des hautes technologies. Les inévitables turbulences sont à l’horizon. Mais que puis-je y faire?

Mais mes dossiers sont toujours en cours. Ce type d’annonce peut mettre ces projets en périls, à tout le moins, causer des délais. À travers les négociations, il faudra prendre une connaissance claire de la situation, élaborer un message qui saura rassurer et relativiser, qui encadrera les discussions. Il faut rester concentré.

Puis les turbulences arrivent. Des amis proches voient leur poste aboli, des amis que j’aime et respecte ne suivent pas et demeurent chez mon ancienne compagnie, d’autres quittent tout simplement. Ajouter à cela les adaptations devant une nouvelle direction, de nouveaux produits, de nouveaux clients; quelles seront les nouvelles conditions de travail? Comment serai-je perçu? Et vous avez là plein d’éléments de distraction.

Mais, beaucoup de gens attendent le résultat de mes négociations. Il faut rester focus!

Je voulais partager avec vous les évènements que j’ai vécus au cours des quatre derniers mois pour vous donner mes réflexions sur l’importance du « focus ».

Focus! Focus!

Si je vous approche et vous demande de rester concentré sur une tâche particulière, vous n’aurez aucune difficulté à le faire. Après tout, le mandat est clair (la tâche) et le temps bien déterminé (c’est pour aujourd’hui).

Mais c’est lorsque nous sommes dans le quotidien et que la tâche s’étire dans le temps que le « focus » est le plus important et, malheureusement, plus fragile.

Le cerveau humain a une faculté exceptionnelle de concentration. Mais cette grande qualité a deux faces :

  • Il peut être extrêmement concentré et négligé des éléments mineurs mais important dans la réalisation de la tâche;
  • Il peut être distrait par des éléments extérieurs.

Pour imager, voici deux petits exemples :

a)      La photographie

Vous vous promenez avec votre nouvelle caméra numérique. Devant un magnifique paysage, vous tombez en pamoison devant une superbe montagne. Vous ne perdez pas de temps, vous vous installez avec précaution. Votre œil est entièrement concentré à bien cadrer la future photo du siècle, le soleil frappe le flanc de la montagne créant des ombres surréalistes, des oiseaux voltigent, tout est parfait. Click! La photo est prise. Vous la regardez rapidement sur l’écran. Elle est parfaite. Arrivé à la maison, évidemment, vous connectez votre caméra sur votre ordinateur pour voir vos chefs d’œuvre en grand!

Stupeur! Un peu plus bas dans la photo, pourtant très visible, vous découvrez qu’il y a un élément que vous n’aviez jamais vu : un peu à gauche de la montagne et du sublime paysage, il y a un horrible conteneur à déchet. Une tache dans le milieu du front, un comédon disgracieux, une horreur! Pourtant, votre œil était totalement absorbé à immortaliser le paysage bucolique.

L’œil était très concentré. Rien ne pouvait vous distraire. Pourtant un élément mineur mais important qui aurait dû être considéré vient gâcher l’ensemble du portrait. Être « focus », ce n’est pas qu’être dédié et concentré, c’est aussi être « attentif ».

b)      La cuisine

Deuxième exemple, vous êtes à préparer une délicieuse sauce pour napper un filet de veau qui est à cuire lentement au fourneau. Vos invités vont arriver d’une minute à l’autre et vous voulez que tout soit parfait. Quoique simple à préparer, cette sauce exige doigté et attention. Vous êtes très « focus ».

Tout à coup, l’émission en cours sur votre téléviseur est interrompue par un bulletin spécial d’information : un grave accident vient de survenir à quelques rues de votre domicile. Brièvement, vous vous déplacez pour aller regarder le reportage. Les détails sont sordides, c’est un accident sérieux. Entre une voiture en feu et le décompte des victimes probables, une pensée surgit soudain : « ciel! Ma sauce! ». Vous retournez à la cuisine à la course mais … trop tard, la sauce a pris au fond. Zut alors.

Focus et prise de conscience

Quoique la faculté de concentration soit « naturelle » chez l’être humain, sa capacité à maintenir efficacement un niveau de concentration constant exige également de prendre conscience des éléments qui sont une source de distraction ou ceux plus modestes qui ne doivent pas être négligés.

Hocus Pocus! Restons « focus »!

Finalement, être « focus » ne devrait pas demander d’effort. Seulement une prise de conscience et de la discipline.

Hocus Pocus? Ben voyons, ça n’a rien à voir avec la magie!

À bientôt!

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , , , | 2 commentaires

Crédibilité + Confiance = Relation à long terme!

Depuis plus de trois ans maintenant, j’écris et décris mes réflexions sur le monde de la vente! Elles sont, et je l’affirme (avec beaucoup de prétention), la clé du succès en vente.

Loin de vouloir prêcher une “vérité” absolue, ma démarche se veut une “constatation” personnelle de faits connus, de réflexions (j’aime réfléchir) et de constats basés sur mes expériences de vie tant professionnelles que personnelles. Le coeur et l’essence du succès en vente [et en toute chose] à long terme ne se résume qu’en un seul mot: la confiance.

“j’ai confiance en toi!”

“J’ai confiance en toi” est une phrase pure et innocente. Elle sous-entend un sentiment de … foi (sans connotation religieuse), de “je-ne-sais-pas-tout-mais-je-vais-te-croire” … je vais te faire confiance! Si cette confiance donnée d’un côté est “engagement”, en face, celui qui la reçoit est “responsable” i.e. il doit en être digne. En d’autres mots, si quelqu’un me fait confiance, si j’ai mérité SA confiance, je me ferai un devoir de lui prouver qu’il a eu raison de me faire confiance. Une relation d’affaires n’est pas une une question de gagner un seul contrat, elle est une base en béton sur laquelle on bâtira des centaines d’affaires, des milliers de contrats! Car dans une relation de confiance sincère et prouvée, il y a une autre dimension aux possibilités exponentiellement illimitées: les références!

Je connais un bon gars…

J’ai déjà abordé le thème dans le passé. La référence d’une personne de confiance brise les barrières, les réticences. Elle ouvre les portes. D’où l’importance des valeurs d’ “éthique” et de ”sincérité” qui vous suivront toute votre vie. Et encore mieux, ces valeurs essentielles se renforcent: avec le temps. Cette confiance, toutefois, ne repose que sur un seul pilier, solide, mais également si fragile  : la crédibilité.

… et il est crédible…

L’an dernier, j’étais invité à donner une conférence à de futurs représentants des ventes dans le cadre du programme “représentation professionnelle” du Centre de formation professionnelle Maurice-Barbeau. Une des nombreuses et intéressantes questions qui m’a été posée était : “c’est bien beau la confiance ou l’expérience ou la crédibilité, mais nous on est des jeunes étudiants. On n’a pas d’expérience de vente, on n’a pas de “vécu” ni de références, comment peut-on réussir?”

Ma réponse fut très simple: “ votre manque d’expérience n’est pas un problème, il est un fait! Après tout, ce n’est pas de votre faute si vous êtes jeune!” dis-je avec une pointe d’envie dans la voix. “La “crédibilité” n’est pas quelque chose que l’on a, c’est quelque chose que l’on construit, lentement, au fil des jours, des mois, des années. C’est pour ça qu’elle est si précieuse, c’est pour ça que je me battrai à mort pour préserver ma réputation. C’est par elle que mes actions et décisions sont motivées: non pas pour le “paraître” mais pour le “être”. Soyez vous-même! Soyez convaincus. Soyez fidèles à vos principes.”

Ici, j’enchaînai sur l’importance d’avoir une approche “développer une relation de confiance avec votre client” au lieu d’être obsédé à impressionner votre directeur des ventes. Paradoxal? C’est un gars qui a été directeur des ventes 14 ans qui vous le dit! Dans une approche “bâtir des relations d’affaires”, nous sommes dans l’univers de l’”écoute”, du “je veux-vous-connaître” et du “vous-ne-regretterez-pas-de-me-connaître”. Cette approche est simple et lorsque sincère, efficace. Car votre non-verbal ne pourra exprimer qu’une bonne intention. Et les ventes suivent… garanti!

Ceux qui sont hantés par l’obligation de faire des ventes à tout prix tombent inévitablement dans la confrontation, la pression indue, les concessions, la peur de la compétition. Toutes sortes de choses qui, avouons-le, sont très loin du souci de répondre à un besoin particulier de votre client. Besoin, rappelons-le, qui sera la seule raison pour justifier un achat. Bon! On a compris le principe.

Oui mais…

oui mais vous ne répondez pas à ma question: je commence dans le monde des affaires, je n’ai pas de référence!” (Il est tenace le jeune!) Je n’avais pas bien exprimé ma pensée (ahhh! perception!) aussi je me repris: “je crois comprendre la méprise! Quand je parle de référence, je ne veux pas seulement dire “référence-à-une-personne-qui-a-déjà-fait-des-affaires-avec-vous”, en fait ce peut être une référence à une expérience vécue où vous vous êtes démarqués par vos valeurs et vos convictions, qui exprime votre esprit d’équipe, votre leadership (président de classe, pièce de théâtre, expérience communautaire, etc.). L’important est d’appuyer vos dires avec un exemple concret où ces qualités se sont manifestées… (nous aimons les exemples concrets). Et puis une porte s’ouvre, et puis une autre, et une autre et vous voilà parti pour la gloire! Ce n’est pas facile, cela demande de la détermination, de la conviction et de la persévérence. Toutes ces qualités dont vous aurez de toute façon besoin pour réussir et vous dépasser dans la vie!”

Les commentaires que je reçus furent positifs et, surtout, l’enthousiasme que ces jeunes manifestèrent, contagieux. (Ça m’inspire!) 

Le monde de la vente est, comme la Vie, quelque chose de simple après tout… mais pas toujours facile!

Bonne réflexion!

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , , | 15 commentaires

Dis moi à qui tu parles, je te dirai quoi dire!

Dans mon dernier billet, je vous présentais les trois types de personnes que vous devez identifier lors de l’évolution d’un projet de vente. Son importance est cruciale dans l’évolution d’un dossier qui passera obligatoirement par une phase de « négociation » pour ultimement résulter en une entente d’affaire.

J’ai priorisé cette approche parce que négliger cet aspect dans un contexte de négociation est dangereusement risqué. Toutefois, comme je le disais, il s’agit d’un élément des trois (3) moteurs (bâtir des relations) que nous retrouvons à chaque étape du processus de vente, par conséquent il doit être présent à notre esprit tout au long du cycle de vente.

Aussi, continuons notre réflexion en ouvrant les horizons.

Décideur, Influent et Coach

L’essentiel du dernier billet, au-delà d’identifier les trois types de personnes, était de comprendre  que le rôle était déterminé par les attentes de la personne. Je résume.

Le « décideur » de par ses responsabilités financières (sa décision entraînera des investissements qui devront être justifiés) sera sensible aux arguments financiers : rentabilité, retour sur l’investissement, etc.

L’« influent » a un pouvoir d’influence parce que le projet en cours de négociation aura des impacts sur sa réalité quotidienne et celle-ci a un impact sur la bonne marche de l’entreprise : ingénieur en chef, directeurs des opérations, directeurs informatiques, sont des exemples. Leur souci premier est que la solution retenue viendra améliorer leur performance. Aussi, l’identification des bénéfices pour lui s’exprime en termes d’ « efficacité », d’ « augmentation de rendement », de « plus grande précision », de « diminution d’erreur » (c’est l’ « influent » qui doit répondre des erreurs).

Le « coach » comme son nom l’indique est un guide qui informe et conseille. Il sera souvent l’utilisateur de la solution et doit vivre quotidiennement avec les forces et les faiblesses de son outil de travail. Il sera réceptif à des expressions comme « formations professionnelles de qualité », « facilité d’utilisation », « service à la clientèle accessible ».

Connaître pour mieux connaître!

Il est important de rappeler que  je décris des « types » en lien avec des « rôles » et « responsabilités » dans un processus de décision.  Aussi, il est très probable que dans un dossier, il puisse y avoir plus d’une personne influente ou plus d’un « coach ». Il arrive même que le décideur soit un comité d’analyse et que le signataire ultime du contrat ne fasse qu’entériner leur décision (note : il ne faudra toutefois pas négliger de rencontrer cette personne). Cela explique pourquoi dans nos relations avec nos clients, il importe de connaître le plus de personne possible comme le soulignait Robert dans son commentaire sur mon dernier billet. Plus vous connaissez de personnes, meilleure est votre compréhension de la situation interne chez votre client, meilleure est votre perception de leur réalité et de leurs préoccupations. Vous découvrirez peut-être des personnes qui pourraient influer un influent! Ou plusieurs « coach » vous permettant de croiser des informations et de mieux valider leurs pertinences.

De plus, dans le temps, un « influent » peut devenir un « décideur » dans un autre dossier ou une autre compagnie, un « coach » devenir un « influent » (il a eu une promotion). Chaque nouvelle relation est un acquis qui ne peut se défaire. Comme le dit, Sylvain Boudreau, conférencier et motivateur, on ne peut « déconnaître »!

La vente est, avant tout, comme je le soutiens dans ce blogue, une activité relationnelle.  Et le but est de développer des relations solides et à long terme basées sur la confiance mutuelle.

Mais est-ce que seuls les vendeurs sont concernés?

Les principes amenant le succès en vente étant fondamentalement au cœur des relations personnelles et motivés par notre attitude, ceux-ci ne sont pas que l’apanage des vendeurs! L’approche est tout aussi valable si vous gérez du personnel ou si vous avez à discuter avec des clients dans un autre rôle que celui de « vendeur ».

En réponse à l’interrogation exprimée sur mon dernier billet par mon amie (et collègue) Martine, voici un exemple qui, je crois, décrit bien de quelle façon, lorsque nous comprenons bien les « rôles » de nos interlocuteurs, nos réponses s’en trouvent inspirées (je dirais même « dictées »)

Exemple : le « formateur »

Voici la situation : la personne spécialiste du produit se présente chez le client pour donner une formation « pratique » à un nouvel utilisateur. La formation va bon train et un autre client-utilisateur du logiciel se présente pour saluer la spécialiste qui est bien connue dans la boîte. Le dialogue s’engage :

Le client : « la formation se déroule bien? »

La spécialiste : « oui vraiment, j’ai une excellente élève! » Dit-elle en souriant

L’élève : « c’est tellement facile, quel beau logiciel! »

Le client : « tu me disais que la nouvelle version serait bientôt disponible, est-ce que tu peux me donner certains « scoops » de ce qui s’en vient? »

La spécialiste : « avec plaisir! »

Durant la discussion, deux autres personnes se joignent au groupe, un autre utilisateur du logiciel et la responsable du département (qui passait par là ;-) ).

Maintenant. Avant même de commencer, en reprenant les principes décrits dans mes deux derniers billets, la spécialiste doit immédiatement « qualifier » quel est le « type » des  personnes qui l’entourent. Dans ce cas-ci :

Le client-utilisateur : il travaille avec le logiciel et connait bien la spécialiste. Pour cette dernière, il sera probablement un excellent « coach » qui n’hésitera pas à faire ses commentaires sur le produit (positifs ou constructifs) dans le but de bien faire évoluer le logiciel dans le futur.  Comme « coach », il sera intéressé par le côté fonctionnel des innovations  par exemple « plus-facile-d’utilisation ».

La responsable de département : elle est une personne qui aura une influence (l’influent) lorsque viendra le temps de « vendre » la nouvelle version. Le côté « fonctionnel » peut l’intéresser mais c’est définitivement l’aspect « résultat » qui retiendra son attention.

Aussi, la spécialiste pourrait présenter une des nouveautés ainsi :

«  Voyez cette nouvelle fonctionnalité! Nous avons modifié le lien pour le côté transactionnel des commandes, ce sera encore plus facile de gérer cet aspect et au lieu de prendre 5 minutes pour  entrer les données vous le ferez en quelques secondes (intéressant pour l’utilisateur)… »

Et s’adressant directement à la responsable du département :

« … ceci éliminera le risque d’erreurs possibles lors des multiples saisies des données et vous donnera des rapports beaucoup plus précis pour la haute direction»

En bref

Vous voyez? Connaître les rôles de nos interlocuteurs, et, surtout, leurs préoccupations premières, ne changera pas le fond du message (la spécialiste va présenter les dernières fonctionnalités) mais inspirera le « comment » celui-ci sera livré et assurera qu’il ait un réel impact sur ses interlocuteurs. Et c’est valable pour tous les domaines d’affaires, pour tous les intervenants, pour tous les clients!

Au-delà de l’efficacité dans la transmission et la compréhension du message, c’est une question de respect des attentes de notre client!

à bientôt!

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , , | 8 commentaires

Coach? Influent? Décideur? À qui on parle?

Deux semaines de vacances, c’est trop court mais quand même assez long pour se déconnecter de la réalité quotidienne. Je reviens en forme donc. Tiens! Pourquoi je n’écrirais pas un petit billet pour mes lecteurs avides de sujets entourant le monde de la vente?

L’étape de la négociation finale est pour beaucoup de représentants un calvaire obligé, une épreuve de force où le plus faible perdra, nécessairement. Pourtant, si les étapes qui précèdent la négociation finale ont été bien faites i.e.

… il n’y aucune raison pour que la négociation ne se déroule pas de façon agréable et efficace, dans une atmosphère détendue dans un esprit de rechercher une entente qui sera gagnante pour tout le monde.

Mais voilà. Toujours faut-il parler aux bonnes personnes et, surtout, comprendre leur rôle tout au long des étapes du cycle de vente.

Tout d’abord…

Un petit rappel : à chacune des étapes du processus de vente, il y a les trois éléments moteurs qui sont toujours présents et dont je vous ai déjà parlé il y a de cela quelques temps. Ce fut d’ailleurs un de mes premiers billets en tant que blogueur!

Ces trois (3) éléments sont :

  •       La communication
  •       Développer des relations d’affaires (à long terme)
  •       Gérer les objections

Le propos d’aujourd’hui est en lien direct avec notre préoccupation  « développer des relations d’affaires ». Il ne suffit pas de connaître quelqu’un, il est également important de comprendre quels sont  les rôles que vos différents interlocuteurs occupent dans l’ensemble du processus décisionnel de votre client. Bien les identifier est une condition essentielle et garantira que les bons messages seront présentés aux bonnes personnes.  Ultimement, bien comprendre cet aspect, vous assurera le succès lors des négociations finales et la signature du contrat.

Est-ce compliqué? Bien sûr que non, la vente c’est simple… (mais pas toujours facile!)

Car tout au long de vos discussions, vous n’aurez que trois types de personnes devant vous et chacun a un rôle bien précis. Ces trois types sont :

  •       Le « Décideur »
  •       L’  « Influent »
  •       Le « Coach »

Le décideur

Lui, tout le monde le connaît et nous savons très bien ce qu’il fait. Il décide et signe le contrat… Il est également celui qui est le plus facile à identifier (mais le plus difficile à rencontrer!). Il est président ou vice-président dans les dossiers de grandes envergures où les impacts possibles sur la rentabilité financière ou les opérations quotidiennes de l’entreprise peuvent être affectées; l’acheteur dans les transactions de tous les jours comme les fournitures ou achats d’équipements.

Le « décideur » sera intéressé par les aspects financiers du projet. Aussi, c’est lui qui voudra voir la démonstration du retour sur l’investissement (ROI), qui sera sensible aux mots et expressions: « économie », « réduction des pertes », augmentation de la production ».

L’influent

Comme son « type » l’indique, l’  « influent » a un pouvoir d’influence sur le « décideur ». De par son expertise, de ses expériences passées, son opinion sera déterminante dans le processus décisionnel.

Exemples de personnes influentes : le directeur des services informatiques, le chirurgien qui réclamera tel instrument particulier pour opérer, le maître-pressier qui doit garantir l’impression de 150,000 copies du journal pour 4h00 le lendemain matin, l’ingénieur en chef qui est responsable de la qualité de la construction d’un gratte-ciel de 80 étages, le directeur de la production qui devra maintenir (et augmenter) l’assemblage des 2000 téléphones portables par jour.

L’ « influent » n’influence pas par caprice ou par hasard. Il est directement concerné par la décision qui sera prise par le « décideur ». D’où l’importance de son opinion auprès de ce dernier.

Par conséquent, si votre interlocuteur n’est pas directement concerné par la décision à venir, vous pouvez être assuré qu’il n’est pas un « influent »… peu importe le type de discours qu’il vous tiendra. Facile, non?

L’ « influent » sera réceptif aux expressions « plus grande efficacité », « moins de risques d’erreurs coûteuses », « facilité d’utilisation », «plus grande précision ».

Le « coach »

Le rôle du « coach » est trop souvent négligé. Plus effacé, vous savez habituellement que ce n’est pas lui qui va signer le contrat, et souvent que son opinion ne renverserait jamais une décision arrêtée par le « décideur ».  Mais, encore une fois, comme son nom l’indique, le « coach » doit être là pour vous guider.

Également, la plupart du temps le « coach » sera touché par les décisions à venir et souhaite voir votre solution déployée dans son département. Il a donc, lui aussi, un intérêt à ce que vous n’échappiez des éléments important. Aussi, le « coach » est celui qui pourra vous informer informellement de l’évolution de la situation. Il vous amènera des éléments d’informations qui, sans être directement liés à votre dossier, pourront compléter le tableau global de la situation.

Un exemple très plausible (je l’ai vécu) : vous apprenez par votre « coach » que le plus jeune des enfants  du décideur est tombé malade la veille. Vous n’êtes pas supposé le savoir, ceci est un élément très personnel qui n’a absolument aucun lien avec notre négociation en cours. De plus, votre relation avec le décideur n’est pas encore assez « proche » pour vous permettre de parler de ce sujet. Mais vous le savez.  

Dans le contexte global d’une négociation, nous sommes d’accord que cette information n’a aucune incidence sur la décision qui sera éventuellement prise. Toutefois, connaître cette situation évitera de mal interpréter le non-verbal du décideur lors de votre rencontre. S’il est plus soucieux ou moins enjoué que lors de vos rencontres précédentes, vous saurez pourquoi et vous ne risquerez pas de l’interpréter comme une manifestation de doute envers vous.

Le rôle du « coach » trouve toute son utilité dans ce genre de détails. Certains de ceux-ci révèleront peut-être une objection qui n’aurait pas été dite; d’autres seront plus anodins, mais TOUS sont importants parce qu’ils sont des éléments qui tracent un portrait global de la situation. Plus un tableau offre de détails, meilleur est la perception de l’œuvre!

Le « coach » aimera entendre les expressions du genre « facilité d’utilisation », « sécurité », « support professionnel du service à la clientèle », « expertise des formateurs ».

Attention aux pièges!

Le piège ultime, et le plus répandu, est de sous-estimer l’importance de chacun de ces interlocuteurs. En voici deux exemples.

Mettre tout ses efforts sur le « décideur » et négliger l’ « influent » est une approche très risquée. Cette situation survient souvent lorsque l’ « influent », de par son expertise et souvent indépendant du fournisseur qui sera choisi, amène des objections plus techniques ou structurelles qui inévitablement sème le doute chez le « décideur ». Si c’est le cas, il est, tout au contraire, important d’être à l’écoute des objections de l’« influent » et d’y répondre. Qui sait, il vous présentera des éléments que vous n’aviez pas envisagés et qui sont importants à adresser. Votre dossier s’en trouvera bonifié, plus solide et plus fort devant votre compétition.

La situation inverse, où le représentant concentre tous ses efforts sur l’ « influent » au détriment du « décideur » est tout aussi dangereuse. Imaginant que la seule réputation de l’« influent » saura faire pencher la décision en votre faveur est une voie facile mais risquée que trop de représentant prenne même consciemment. Le problème est que, peu importe le degré d’expertise et l’influence positive que l’« influent » possède, ce n’est pas lui qui fera la démonstration financière de la rentabilité du dossier ou du retour sur l’investissement.

Comprendre, c’est gagner

La compréhension des différents rôles motive notre approche, notre discours et oriente nos efforts. De plus, elle dicte nos priorités et relativise la portée des informations selon « qui » nous amène cette information.

C’est exactement cet élément qui a fait de l’approche « selling to the top » une stratégie efficace et gagnante.

J’y reviendrai!

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , , , , | 3 commentaires

Démonstration: attentes et perception

Dans le grand cycle immuable de la vente, il y a un moment où nous devons démontrer que nos belles solutions sont bien telles que nous les avions présentées. C’est la “démonstration”.

La démonstration est pour plusieurs vendeurs l’étape la plus facile (quoi de plus simple que de montrer les belles caractéristiques de notre produit!). Et tous les vendeurs sont d’accord pour dire que c’est très souvent à cette étape cruciale que votre client décidera de vous suivre ou non. Alors pourquoi donc, quand tout le monde comprend l’importance de cette fameuse démonstration, certains gagnent (souvent) et d’autres perdent?

Parce que l’on revient encore une fois à notre approche “bénéfices” vs une approche “prix et avantages” et lors de la démonstration on nage dans l’univers éthéré de la “perception”. Voilà pourquoi. Je m’explique.

La démonstration

Tout d’abord, il est important de bien situer OÙ (quand?) la démonstration du produit, de la solution, intervient dans le processus de vente. Les vendeurs professionnels savent que l’on ne commence pas à faire la démonstration d’un produit avant d’avoir préalablement valider si:

a) le client potentiel est qualifié

b) il a un besoin clairement identifié auquel notre solution répondra

c) les investissements financiers ont été présentés aux décideurs (la haute direction, le président, le directeur des finances)

d) le retour sur l’investissement ou la reconnaissance par votre client des bénéfices que votre solution lui apportera est  faite

Lorsque ces quatre (4) conditions sont rencontrées, là, et seulement là, il est temps de démontrer la pertinence de la solution.

Bon. Ce qui semble évident ne l’est pas nécessairement toujours pour tous. Par exemple, un représentant avec une approche “prix” aura souvent tendance  à “sauter” les étapes c) et d)… pourtant c’est une grave erreur. Erreur souvent motivée par le possible espoir que la démonstration justifiera l’investissement (ou dans une approche “prix”, la dépense) que la solution exigera. Erreur, car lorsqu’on a “caché” les coûts, le “selftalk du client sera nécessairement influencé par des pensées du type “c’est vraiment impressionnant ce produit, ça doit coûter cher!” ou “mais combien ça coûte tout ça?” Ainsi, son attention sera détournée du but de la démonstration: comprendre et réaliser tous les bénéfices que votre solution lui apportera.

Le représentant qui a une approche “valeur” ne craindra pas de rencontrer les gens de la direction pour présenter les “coûts d’investissement” de la solution. Car, par son travail efficace de qualification, il saura relever efficacement les “bénéfices” que cet investissement rapportera. En bref, le “coût” est accessoire parce que la valeur lui est supérieure. Là, on peut passer à la démonstration!

La perception et les attentes

Maintenant. Malgré cette évidence, malgré que beaucoup de représentants très professionnels auront fait les quatre (4) “validations”, ces derniers feront leur démonstration et manqueront le bateau. Pourquoi?

Tout d’abord, il importe de bien définir ce qu’est une “démonstration” et, surtout, ce que ce n’est pas.

Une “démonstration” n’est pas l’occasion de présenter les caractéristiques et les avantages de votre solution. Une démonstration est le moment privilégié de présenter (de démontrer) les “bénéfices” qui seront apportés par les caractéristiques et les avantages de votre solution. Nuance. Importante.

Nuance importante parce que la “démonstration” de votre solution à un public “qualifié”, donc “conscient”, et donc “réceptif”, signifie également que celui-ci sera nécessairement à l’écoute des “bénéfices” en lien avec ses “besoins”. Et c’est ici qu’intervient le principe de la “perception” et des “attentes”.

J’ai déjà expliqué combien les “perceptions” était un principe extrêmement subjectif et influencé tant par les “humeurs” que le “contexte”. Ainsi, lorsque nous nous adressons à un client, nous n’avons pas de contrôle sur son “humeur” mais nous connaissons le “contexte” où nous lui parlons.

C’est là que le piège réside. Tout au long du processus de vente, vous vous êtes appliqués à bien qualifier votre client, à bien identifier ses besoins, à bien vendre les bénéfices, et voilà qu’au moment de la démonstration, les propos ne tournent qu’autour des belles caractéristiques et des merveilleux avantages… Trop de gens pensent qu’une démonstration est le moment de parler et de déballer son speech. Pourtant c’est le moment idéal de faire interagir le client dans la démonstration. Il n’est pas un spectateur passif, il devient un acteur, un participant de l’action.

Voici un exemple: vous présentez votre toute nouvelle imprimante couleur à grand volume d’impression.

le spécialiste: “et maintenant, voici le nouveau système d’entraînement breveté que Color Printer International a développé pour toutes ses imprimantes (caractéristiques), ce système réduit les risques de bourrage de papier (avantage), augmente la productivité dans l’impression de documents volumineux (avantage), élimine les pertes de temps (avantage).

les clients: acquiesce de la tête

le spécialiste: “maintenant voici la technologie de transmission numérique de grande capacité, il permet de ….

STOP! Mais où est le bénéfice? Les clients n’achètent JAMAIS des caractéristiques ou des avantages. Ils achètent du confort, des économies d’argent, de la rentabilité, de la performance, de la sécurité, bref des bénéfices! Pour un exemple de notre quotidien: Achèteriez-vous une voiture parce qu’elle serait équipée d’une transmission automatique à six rapports? Mais si vous comprenez que ce sixième rapport apporte une économie de 20% dans la consommation d’essence, que vous investissez plus de 200$  par semaine dans votre budget de carburant, vous réaliserez rapidement que cette nouvelle transmission vous amènera des économies réelles de 40$ par semaine ou plus de 2,000$ par année! Combien l’option pour la transmission à six rapports? 800$! Ciel, elle va être payée en 4 mois! Hop! J’achète. C’est la force du bénéfice.

Revenons maintenant à notre démonstration. Vous êtes conscient qu’il faut maintenant souligner le bénéfice apporter par la démonstration de la caractéristique remarquable et de ses avantages évidents. Mais comment faire? Il y a ici deux (2) choix. Le premier, vous intervenez dans la présentation du spécialiste en rappelant à votre auditoire les bénéfices que ces avantages leurs apporteront.

le représentant: “… ce que vous apportera concrètement ce nouveau système breveté dans votre quotidien est une réduction des pertes de temps et de risques d’erreur dues à des bourrages de papier. Comme lorsque vous aviez à imprimer une réponse d’appel d’offre pour un important projet et vous aviez dû réimprimer et revérifier le document de plus de 150 pages… perte de temps, risque d’erreurs? Que serait-il advenu si une erreur d’assemblage se serait glissée à cause d’une mauvaise impression? À combien était évalué ce projet? 350,000$?

Bon, c’est beaucoup mieux que le premier scénario où on ne les mentionne pas du tout, mais il y a encore mieux, plus efficace. C’est que le client dise lui-même le bénéfice. Nous sommes dans l’approche du spin selling. L’approche du spin selling dans le cadre d’une présentation crée une dynamique vraiment intéressante:

  • elle amène naturellement une interaction et une participation active du client dans la démonstration
  • elle dynamise la présentation
  • elle peut même apporter des éléments inattendus

Le représentant: “excusez moi M. le Directeur, est-ce que vous pourriez me parler de cet incident qui est survenu il y a quelques semaines entourant l’envoi d’une réponse d’appel d’offre?

Le client: “ah! vous parlez de cette fameuse panne qui est survenue en plein processus du document de 150 pages que nous devions envoyer avant 15h00? J’aime mieux oublier ce fameux après-midi! Quel stress nous avons eu!

Un autre participant: “et c’est sans compter que nous étions quatre à attendre après l’impression de nos documents!

Le représentant: “voyez-vous c’est ÇA que ce système breveté vous apporte: une plus grande efficacité, moins de stress, des documents imprimés rapidement sans perte de temps…je redonne la parole à mon cher spécialiste maintenant

Les attentes

Peu importe le produit ou la solution, votre client aura toujours les mêmes attentes: fiabilité de la solution, expertise et qualité de la compagnie en qui il mettra sa confiance.

Dans un prochain billet, je vous parlerai de la préparation entourant l’élaboration d’une démonstration efficace!

à bientôt

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , , , , | 2 commentaires

To control or not to control… That is an other question!

La semaine dernière, je reçois de mon ami Laurent, via courriel, un article sur les nouvelles directives de coupures de budget du Ministère de la Santé envers les établissements de santé du Québec. Comme nous oeuvrons principalement auprès de ces établissements, ces directives sont potentiellement une mauvaise nouvelle pour nous. Le contexte sera difficile… dirions-nous. Pourtant, paradoxalement, je vois là une excellente opportunité d’affaire. Tout est une question de perception, tout est une question d’attitude!

Je ne contrôle pas!

Il y a des choses que, quoi que l’on fasse, quoi que l’on dise, nous ne pouvons contrôler ou influer: une crise financière mondiale, un désastre dans le secteur manufacturier, la dévaluation de la monnaie, une catastrophe naturelle, etc. Pourtant, même dans la pire crise économique (socialement) de l’histoire contemporaine, le crash de 1929, les affaires ont continué dans la vie de tous les jours. Difficile, certes, mais affaires il y eut et la vie économique reprit. Lors de la ”fameuse” crise financière de 2008, j’avais écrit sur ce blogue cette histoire de l’ “homme qui aimait les frites” pour imager comment, lorsqu’on se laisse influencer par des évènements hors de notre contrôle, on peut créer son propre malheur.

Il en est ainsi lorsque les entreprises réagissent de la même façon en “anticipant” les mauvais coups du sort, avec toutes les conséquences négatives que cela amènent. C’était le propos de mon billet inspiré par l’histoire d’Air Transat” en début d’année.

Les deux histoires, le petit snack-bar et la grande compagnie d’aviation, sont motivées par la même source. Devant, l’incontrôlable, les gens en majorité se résignent (c’est la fatalité) ou s’excusent (ce n’est pas ma faute, c’est la crise!) ou réagissent négativement (le syndrome du cric) . Seuls quelques rares irréductibles (je le sais maintenant!.. nous ne sommes pas nombreux) le comprennent: ce sont eux qui gagnent au fil des ans, des modes, des tendances, malgré les crises, les catastrophes.

C’est ici qu’arrive la notion de “ce-que-je-contrôle” et du “ce-que-je-ne-pourrai-jamais-contrôler“! C’est ici que l’on sépare les “résignés” des “gagnants”. Parce que dans l’équation du succès, il y a deux éléments immuables: avoir conscience de ce que nous ne pouvons contrôler et être maître de ce que nous pouvons influer. Ce grand principe est valable pour tous les aspects de nos vies. Mais comme ce blogue se veut un rendez-vous de réflexions sur le monde de la vente, de la gestion, des affaires, laissez-moi vous démontrer que ces évènements, hors de notre contrôle, peuvent avoir une influence déterminante selon que vous ayez une approche “prix” par rapport à ceux qui ont une approche “valeur”.  hé hé hé…

Approche “prix”

Devant une telle nouvelle (celle des annonces des coupures de budget), celui qui a une approche “prix” sera inévitablement en mode défensive: “on est foutu! ils n’ont plus d’argent!”, “si on veut vendre faudra réduire nos “prix” de 40%!”, “les objectifs de vente sont irréalisables”. Bref, tout un tas d’excuses qui ne font qu’éviter d’affronter la réalité (parce que “réalité”, il y a… quand même!)

J’ai déjà écrit quelques billets sur le sujet et ceux qui me connaissent savent combien cette approche”prix” me donne des boutons!!!

Approche “valeur”

Pour ceux qui ont une approche “valeur”, la situation “externe” ne peut pas avoir d’impact. Car la “valeur” de la solution n’est pas liée à une “mode” ou une “tendance” (positive ou négative) mais à répondre à un besoin réel de votre client. Ainsi, une annonce catastrophique (ex: l’industrie manufacturière au Canada est en grande difficulté”)  ne doit pas être perçue comme un obstacle mais comme une opportunité!

 Ainsi, dans notre cas de coupure de budget, l’attitude “valeur ajoutée” dicte un raisonnement qui ressemble à ceci:

  • on réduit le budget donc chaque dollar investit devra être doublement justifié
  • moins de budget signifie moins de possibilités de ressources pour faire, au minimum, le même travail
  • donc opportunité pour proposer des solutions qui amèneront “efficacité”, “rapidité”, “performance”, “rentabilité”
  • donc la situation impose aux clients à intégrer rapidement une solution qui leur permettra de faire face à leur contrainte budgétaire

 Voyez-vous? Je ne justifie plus le budget, je mets en lumière les “bénéfices” qui répondent à leurs situations causées par les coupures de budget. Ici, il est crucial de faire valider les bénéfices par le client par des exemples concrets qu’ils vivent actuellement (technique de “spin selling“).

Une approche “valeur ajoutée” a un avantage déterminant: elle est indépendante des éléments extérieurs.

Je ne contrôle pas, je contrôle!

  • Je ne contrôle pas la crise financière mondiale, je contrôle ma conviction que ma solution amènera de réels bénéfices à mon client;
  • Je ne contrôle pas la température lorsque je joue au golf, je contrôle la force de mes coups pour compenser les inconvénients de la pluie;
  • Je ne contrôle pas la situation financière de mes clients, je contrôle ma capacité à bien faire ressortir les besoins pour que ma solution devienne un incontournable;
  • Je ne contrôle pas la perception ou les préjugés qu’une personne peut avoir de moi lors d’une rencontre, je contrôle mon attitude motivée par mon expérience et mes convictions.
  • Je ne contrôle pas les travaux de construction routière  qui causent des embouteillages monstres, je contrôle la gestion de mon temps en quittant plus tôt ou en changeant mon itinéraire

En bref…

Prendre conscience des impacts des éléments que nous ne contrôlons pas (et que nous ne contrôlerons jamais) et être concentré à souligner l’importance des bénéfices qui répondront à ces impacts, c’est toute la différence au monde entre gagner avec votre client au lieu de pleurer des excuses dans le bureau de votre directeur des ventes ;-)  

à bientôt

Publié dans Le monde de la Vente | Marqué avec , , | 4 commentaires